L’ergonomie consiste à optimiser la qualité d’utilisation des interfaces homme-machine.
Dans le domaine de l’informatique, on distingue en général ergonomie du logiciel et ergonomie web.
Cette distinction entre logiciel et web tend cependant à se réduire, les bonnes pratiques du web se retrouvant dans les outils informatiques, et les bonnes pratiques logicielles se retrouvant dans le web.
De plus, les sites internet, qui étaient autrefois proches du documents inertes, sont aujourd’hui des applications dynamiques ; et les webapps remplacent de plus en plus les logiciels d’antan.
Détermination de la cible d’utilisateurs
L’ergonomie consistant à trouver l’adéquation entre caractéristiques humaines et caractéristiques de la machine,
l’atteinte de cet objectif passe souvent par l’analyse du travail, c’est à dire l’observation et les entretiens avec les utilisateurs.
On doit définir leurs caractéristiques et leurs implications, leur connaissance de l’outil informatique, leur expertise dans l’activité supportée par l’interface…
L’analyse de la demande permettra d’identifier cette cible utilisateur ainsi que ses caractéristiques. La définition de la cible déterminera à la fois les choix méthodologiques mais aussi la teneur des recommandations, la vision que l’ergonome aura de l’interface et des points critiques à prendre en compte.
Analyse analogique
Nous sommes convaincus que dans le cas d’applications qui sont utilisées ponctuellement, l’interface doit employer le vocabulaire ergonomique le plus simple et le plus répandu. On ne doit pas «inventer» de nouveau vocabulaire si celui-ci existe déjà et est déjà connu. Par exemple, une pop-up internet doit se fermer en haut à droite, afin que l’utilisateur ne sente pas de hiatus entre les principes de son système d’exploitation et le site sur lequel il navigue.
Dans le cas d’un nouvel outil, il faut imaginer des solutions qui s’inscrivent dans l’héritage des bonnes techniques ergonomiques connues. ( cf sites e-commerce, systèmes d’exploitation, interfaces d’appareils électroniques )
Quelques bonnes pratiques
• Respecter le sens de lecture «latin», c’est à dire que le regard part du haut à gauche et descend vers len bas à droite.
• Eviter d’additionner deux partis-pris différenciants quand un seul suffit. exemples de différenciants : taille du texte, couleur, graisse du caractère, soulignement, encadrement.
• Caler la composition typographique sur une grille, en s’inspirant des principes du modernisme typographique théorisés dans les années 60 par Joseph Müller Brockmann dans l’ouvrage de référence «Grid systems»
• Ne pas sous-estimer le «wording». Un bouton comme le «like» ( j’aime ) de Facebook aurait-il eu le même succès s’il s’était appelé «partager sur facebook ?» Ici, l’ergonome a pris sa distance avec la description technique de l’effet bouton pour se rapprocher de la motivation émotionnelle de l’émotion de l’utilisateur.
• S’affranchir du point de vue interne.
Une administration aura une tendance «naturelle» à caler l’arborescence de son site internet sur son organisation interne, alors que l’utilisateur n’en a cure : son regard se porte sur le service qu’on peut lui rendre.
De même, un technicien aura tendance à reproduire l’architecture interne de son logiciel sur l’interface.
• Ne pas compiler systématiquement toutes les fonctions. On s’est beaucoup moqué du bouton «démarrer» de Windows, qui servait entre autres… à éteindre l’ordinateur !
• Ne pas compiler systématiquement toutes les fonctions. On s’est beaucoup moqué du bouton «démarrer» de Windows, qui servait entre autres… à éteindre l’ordinateur !
Les fausses «bonnes idées»
L’expérience d’Advitam dans l’internet lui a permis de lister un certain nombre de «fausses bonnes idées» ergonomiques. Deux exemples :
« C’est important, il faut
que ce soit plus gros
Les variations de corps de texte pour signifier les différences d’importance des outils se font souvent au détriment du calme et de la régularité de l’organisation.
Ce qui est important, et utilisé de façon récurrente doit être bien placé, et toujours à la même place quelque soit la page.
« Pour que ce soit intuitif
on va créer des pictos sympa
Le vocabulaire pictogrammique reconnu immédiatement par le grand public est restreint ( signalisation d’autoroute, panier achat, éteindre play, pause… ) Créer un pictogramme inédit oblige l’utilisateur à apprendre un nouvel «alphabet» pour une seule utilisation. Mieux vaut nommer les catégories et fonctions : la compréhension est beaucoup plus rapide. On sait qu’un mot du vocabulaire courant n’est pas «lu», mais reconnu par le cerveau comme un «objet», exactement comme un pictogramme répandu.
Le pictogramme «inédit» peut se justifier, mais surtout dans le but de réchauffer une interface par sa qualité illustrative.
Emmanuel du Bourg
Contact ergonomie :
Aleksander Dembinski
01 53 17 30 40
ergonomie@advitam.org